BLOG - Première Limite Morale: La Destruction de la Pensée

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Dans le dernier article à propos de la morale, j'ai établi quelle était ma Base Morale, ma doctrine à la source de ma distinction entre ce qui est bien, ou mal.
Malheureusement, une doctrine seule ne suffit pas. Il faut, effectivement, lui placer des limites afin qu'elle ne s'auto-détruise pas, car cette dernière mènera inévitablement à des contradictions, et son application, souvent à des choix moraux ressentis par la masse comme plus que discutables.
Je vais donc poser à ma Base Morale, trois Limites Morales.
Ces limites sont classées hiérarchiquement. En cas de dilemne entre, par exemple, la première et la seconde limite, c'est la seconde limite qui l'emporte.
Malgré tout, un tel dilemne reste un cas très extrême. Idéalement, il ne faut qu'impérativement aucune limite ne soit franchie. Il faut absolument toujours trouver une solution alternative permettant d'éviter un dilemne de limites, car cela ne devrait jamais arriver.

La Destruction de la Pensée

J'entends en réalité par "Pensée", la libertée de penser. Car aucun être ne peut penser correctement si sa pensée est contrôlée ou censurée, de la même façon que nous ne pouvons courir correctement si nos jambes sont contrôlées ou coupées.
Bien évidement, je n'entends pas "correctement" dans le sens "de la manière la plus parfaite possible", car dans ce sens là, un mauvais coureur pourrait effectivement courir de manière plus correcte si ses jambes sont contrôlées par un expert. J'entends "correctement", dans les limites des capacitées de l'être en question.

Je vois à présent venir une objection. Ne vaut il pas mieux contrôler la pensée des plus mauvais penseurs afin de les rendre meilleurs, de la même manière que le coureur voyant ses jambes contrôlées par un expert, court d'une meilleure façon ?
À première vue, cela semble cohérent. Après tout, si nous voulons une société stable, il vaut alors mieux contrôler la pensée des êtres la constituant, car cela créerait un consensus qui permettrait d'appliquer plus efficacement la doctrine de la Base Morale, et donc, tendre bien plus rapidement vers la stabilitée.
Mais bien entendu, c'est un raisonnement extrêmement mauvais, fallacieux, et dangereux.

L'Humilité Morale

Et voilà la limite de mon analogie entre le coureur et le penseur.
Concernant la course, il existe un consensus sur la meilleure manière de courir, sur quel type de terrain. Car il est possible de vérifier, factuellement, par l'expérience, quelle est la meilleure méthode de course.
Cette connaissance est comprise dans ce que l'on appelle "La Science", l'ensemble des connaissances vérifiables comme vraies ou fausses.
Mais je parle ici de Morale, et non de Science.
Et il n'existe absolument aucun consensus sur la Morale, car celle-ci n'est pas composée de connaissances vérifiables comme vraies ou fausses, mais d'hypothèses subjectives sur les notions tout aussi subjectives que sont le bien et le mal.
La Base Morale que j'ai établie précédemment est donc purement subjective, tout simplement car les notions de bien et de mal n'ont jamais été basées sur des faits.
Les seules hypothèses scientifiques que je peux faire sur la morale sont émiques. Je peux dire "telle ou telle personne pense [ceci]", ou encore, "cette doctrine morale a causé [ceci]". Mais je ne peux en aucun cas faire d'hypothèses scientifiques étiques (oui, sans le h, c'est pas le même mot), et dire "cette doctrine morale est objectivement meilleure".

Mais admettons que ma conception de bien et de mal soit objectivement la bonne (en réalité, je dois réalistiquement faire cette hypothèse là, sinon je n'ai rien à appliquer, et je vivrais sans aucune doctrine morale, ce qui est bien plus désastreux à mon sens, et qui annule par la même occasion l'existence même de cet article, et de plus, ne pas appliquer de morale, c'est faire un choix moral, c'est appliquer une morale, et donc supposer subjectivement que c'est une meilleure conception objective du bien et du mal.), et que ma base morale est scientifiquement juste.
Même dans ce cas là, je ne peux encore pas contrôler la pensée des gens. Car bien que j'aie établi ma Base Morale, celle-ci ne me donne qu'un but à atteindre, une fin, et non pas des moyens.
Je peux alors objectivement cette fois ci, déterminer ce qui est le plus efficace pour atteindre cette fin.
Mais c'est oublier que dans l'absolu, la Science n'est jamais fixe. Ce qui est vrai aujourd'hui, peut être faux à l'avenir en fonction des l'avancées de la Recherche.

Si je décide alors d'utiliser un moyen pour arriver à ma fin, je ne suis jamais certain qu'effectivement, ce moyen était le plus efficace.
C'est ce que j'ai apellé, L'Humilité Morale.
Mais en partant de ce principe, autant ne rien appliquer du tout.
Sauf que ne rien appliquer du tout me garantira de manière quasi-certaine que je n'atteindrait jamais ma fin.

Limites Infranchissables

C'est pour cela que j'ai créé des Limites Morales. Des limites strictes à ne pas franchir par Humilité Morale.
Je ne les ai pas choisies au hasard, elles possèdent toutes un point commun.
Ce point commun est qu'une fois franchies, il n'est plus possible de revenir en arrière, et elles touchent l'être, le composant primordial d'une société. Une fois que vous avez touché à la pensée de quelqu'un, il n'est physiquement plus possible de la faire revenir à son état initial. Elle est touchée à jamais, et il est même réalistiquement impossible de créer une machine qui soit à 100% efficace, permettant de revenir effectivement à cet état initial.

Je pourrais maintenant aussi aborder le sujet de la censure, et celui de la surveillance de la vie privée (et par extension, celle de la pensée), qui sont aussi très liés à ce sujet de contrôle et destruction de la pensée, mais ce n'est malgré tout pas le but de cet article, j'y reviendrais alors une prochaine fois.

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À la revoyure